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Niger: à qui profite l’uranium? L’enjeu de la renégociation des contrats miniers d’AREVA (2013)
| Author | Oxfam, ROTAB |
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5-24-0-00-09.pdf |
| Date | November 2013 |
| Classification | 5.24.0.00/09 (NIGER) |
| Front |
From the publication:
Novembre 2013
introduction
Depuis plus de quarante ans, le groupe AREVA (précédemment le CEA puis la COGEMA) exploite
l’uranium nigérien à travers ses filiales locales, la Somaïr et la Cominak. Les conventions
minières nigériennes qui fixent leur cadre juridique et fiscal depuis dix ans, arrivent à
échéance le 31 décembre 2013.
Les contrats sont donc actuellement en pleine renégociation. Cela représente une occasion
historique pour le Niger d’obtenir de meilleures conditions pour l’exploitation de ses ressources,
et notamment de plus grandes retombées financières, essentielles pour la mise en oeuvre du
plan de développement économique et social (PDES) du pays.
En France, une ampoule sur trois est éclairée grâce à l’uranium nigérien.
Au Niger, près de 90% de la population n’a pas accès à l’électricité1.
Le Niger est l’un des Etats les plus pauvres du monde. Avec près de 60% de la population vivant
avec moins de 1$ par jour2, le pays se place au dernier rang du classement de l’indice de
développement humain des Nations unies3.
Pourtant, le Niger est aussi le 4ème producteur mondial d’uranium, le 2ème fournisseur d’AREVA
(juste après le Kazakhstan), et un partenaire stratégique de la France, à qui il fournit plus de 30%
de l’approvisionnement de ses centrales nucléaires.
Dans le face à face entre l’un des Etats les plus pauvres du monde, dont le budget annuel
s’élève à 2 milliards d’euros, et le « leader mondial de l’énergie nucléaire », au chiffre d’affaires
qui dépassait les 9 milliards d’euros en 2012, la France a un rôle essentiel à jouer. Le
gouvernement français doit exiger que les négociations entre AREVA et le Niger se fassent dans
la plus grande transparence, sans pression politique, afin d’assurer des revenus équitables pour
le Niger, à la hauteur de l’importance stratégique que revêt cette ressource pour la France.
Actuellement, alors qu’il est le principal produit d’exportation du pays, l’uranium ne contribue
qu’à hauteur de 4% à 6% du budget de l’Etat du Niger.
Faire augmenter cette participation est un enjeu majeur, car le Niger reste très dépendant à
l’aide au développement, qui peut représenter jusqu’à 40% de son budget. Le Niger doit réduire
sa dépendance à l’aide internationale et augmenter ses revenus internes, notamment en
bénéficiant davantage du produit de ses ressources naturelles.
Le Niger a besoin de revenus supplémentaires pour faire face à des crises alimentaires
récurrentes, pour assurer la survie d’un système d’accès gratuit aux soins menacé, investir dans
l’éducation, l’agriculture, et faire face à une situation sécuritaire dégradée. Suite à la guerre au
Mali, des ressources budgétisées pour certains secteurs sociaux ont été allouées à la défense,
notamment à l’envoi d’un contingent au Mali4.
L’uranium est identifié comme l’une des sources possibles d’augmentation des revenus. Pour le
représentant du FMI au Niger, il y a des possibilités d’amélioration du partenariat entre AREVA et
le Niger à l’occasion de ces renégociations : « il pourrait y avoir un changement substantiel
notamment sur le prix et la fiscalité de l’uranium. Les impacts ne sont pas encore quantifiés,
mais peuvent être déterminants »5.
Aujourd’hui, la pression pour augmenter les revenus et la transparence des industries
extractives est mondiale.
