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Atlas de L'Uranium. Faits et données relatifs a la matiére premiére de l'ére atomique (2022)

AuteurReseau Sortir du nucléaire, Nuclear Free Future Foundation, Rosa Luxemburg Stiftung
6-01-2-20-118.pdf
Datumjanuari 2022
Classificatie 6.01.2.20/118 (URANIUM - WINNING/VOORRAAD/PRIJS)
Voorkant

Uit de publicatie:

PRÉFACE
par Winona LaDuke

Le mythe fondateur des Dinés, une nation indigène
du sud-ouest des États-Unis, parle de deux sortes de
poussière jaune : aux premiers humains, il fut dit que
la poussière jaune du pollen de maïs leur assurerait la vie.
En revanche, l’autre poudre jaune, l’uranium, la mettrait en
danger, raison pour laquelle elle devait rester dans le sol et
ne jamais être déterrée. Si elle était retirée du sol, un grand
mal adviendrait, leur disait-on.
Et le mal arriva. L’uranium, qui fait désormais l’objet
d’un commerce mondial, porte même un nom qui rappelle ce
mythe fondateur. Il s’agit du « yellowcake ». Plus de trois mille
Dinés – c’est le nom que les Navajos se donnent eux·elles-
mêmes – travaillaient dans des mines d’uranium dans les
années 1950, sans vêtements de travail spéciaux ni aucune
sorte de protection contre les radiations. Recouverts de
poussière radioactive, ils rentraient chez eux auprès de leurs
familles – et, sans le savoir, contaminaient leurs proches.
Aujourd’hui des gens meurent encore à Dinétah, la terre
des Navajos. Le danger n’est pas maîtrisé, puisque près d’un
millier de mines abandonnées contaminent encore la région.
Lorsque nous autres, peuple indigène de l’Île de la
Tortue – c’est ainsi que nous appelons l’Amérique du Nord
dans notre langue tribale – luttons contre les mines d’ura-
nium, nous le faisons aux côtés de tous les peuples indigènes
du monde entier, qui luttent pour les mêmes objectifs. Il ne
s’agit pas seulement de notre survie, mais de la survie de
toutes les créatures. Nous sommes tou·te·s une seule famille.
La société industrielle mène une guerre contre la Terre. Nous
nous considérons comme des enfants de cette Terre et cette
guerre est donc une guerre contre nous. Les premier·ière·s
habitant·e·s du continent australien ont lancé un avertisse-
ment similaire : celui ou celle qui perturbe le sommeil du
serpent arc-en-ciel déchaîne des forces maléfiques qui ne
peuvent être domptées par les humains. Les Aborigènes du
nord-ouest du continent disent qu’en arrachant les veines
d’uranium, on réveille le serpent endormi. Il n’est pas néces-
saire d’être un spécialiste des fusées pour voir que le choix
du nucléaire est un chemin qui mène au précipice.